Dimanche 27 mai 2007
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16:46
Il faut écrire une peinture et non la peindre.
Zhuang Zi (Chine,IVè siècle avantJ.C)
Le plus grand des voyages commence par un premier pas.
sagesse orientale
Le vrai peintre est celui qui médite avant de se mettre à l'oeuvre.
Zhuang Zi
Par Feuillêtre
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Publié dans : Créativité
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Samedi 26 mai 2007
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16:00
La religion ne m'a pas retenue, seule la nature a su véritablement me parler de Dieu. Dans sa constante impermanence sa continuité me confond.
Vendredi 25 mai 2007
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09:08
Il y
a un autre monde, mais il est dans celui-ci. Paul Eluard
C'était un jour plus intense, très bleu, qui entourait la terre délicatement d'une
bulle de lumière. C'était un jour plus dense où les bois et les champs plus verts que jamais enveloppaient le monde dans un souffle appaisant. Il avait longé le fleuve puis entamé sa traversée,
serein, sans puiser à ses souvenirs ni à ses regrets, sans aspirer à un rêve démesuré, juste pour vivre, confiant en son chemin. Il imaginait parfois un ange gardien qui lui évitait les ornières
ou l'encourageait dans ses pas. Il ressentait intuitivement que le temps comme suspendu à son parcours lui réservait peut-être une surprise, une de ces journées particulières où survient une
découverte ou une rencontre .
Le bâteau accosta sur une île étroite et longue qui trônait au centre de la rivière. Il avait prévu depuis plusieurs jours d'aller la visiter. Seuls quelques rares passagers
débarquèrent, les autres continuèrent leur voyage. Au coeur des prairies, un vaste batiment sans étage avec de larges baies vitrées, les portes grandes ouvertes invitait à
entrer.
Discrètement il déposa ses souliers parmi les centaines de paires disposées à l'extérieur sous le porche, et s'avança à pas lents sur le parquet ciré. Il remarqua avec stupeur que l'assemblée
était grande: des centaines de méditants recueillis au profond du silence. Comme de petits coussins restaient libres, il s'assit sur l'un d' eux en tailleur, étonné de se retrouver
ainsi dans cette position, parmi les autres, lui qui n'aimait ni la foule ni les rassemblements. Les yeux fermés il se surpris à écouter les oiseaux chanter avec les grillons, au loin
il entendit deux tourterelles des bois se répondre, puis plus près lui parvint le souffle du vent léger dans les feuillages quand il chuchotte des mots doux, et encore plus près à ses côtés le
souffle de ces gens réunis. Il ressentit une intense paix entourer l'assemblée comme cette bulle de lumière qu'il avait perçue le matin au-dessus du paysage. Ici se mêlaient sans
peine le simple recueil, les pensées passagères et les prières. Pris de curiosité il rouvrit les yeux et tourna la tête d'un côté puis de l'autre. Et quelle ne fut pas sa surprise de croiser un
regard connu ! L'autre était là dans son amitié confiante et lui souriait . Leur chemins s'étaient enfin retrouvés...
Ils se sourirent un long moment sans autre commentaire, respectueux du silence. Des mots leur parvenaient au coeur sans avoir besoin d'être prononcés. Alors tranquillement ils refermèrent leurs
yeux pour retourner dans leur île intérieure, confiants qu'ils auraient ensuite tout loisir de partager leur voyage.
Feuillêtre
Par Feuillêtre
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Lundi 21 mai 2007
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10:14
Quand on a
vogué sur les mêmes courants,les mêmes ondes, quand on a su naviguer de ports en pays et de rives en escales, quand on s'est retrouvés sur la même planète, vient un temps où sur la berge s'échouent
les barques pour aller arpenter la terre.
Alors les pas de l'un et de l'autre n'empruntent pas toujours les mêmes chemins. Le regard de l'un ne perçoit pas les mêmes empreintes. La foule est si dense parfois qu'ils se séparent sans s'en
apercevoir, et les appels retentissent sur les toits pour se dissoudre en silence. L'un cherche un abri et l'autre à se nourrir, l'un souhaite trouver son prochain horizon et l'autre à faire une
halte. L'un goûte avec bonheur ses instants de solitude , pendant que l'autre entreprend un dialogue avec un inconnu. Parfois les soirs de pleine lune ils observent les mêmes étoiles, presque en
simultané, alors leurs coeurs se communiquent les mêmes pensées qui les rassurent. Un message laissé sur la marche d'un temple est lu et reconnu comme une marque indélébile de leur quête éperdue.
Un courrier déposé en poste restante est gardé précieusement , un livre déposé sur un banc est découvert avec joie, et l'écho dans les montagnes se joue de leur étonnement. Ils ne se perdent pas,
mais ne cherchent plus à parcourir les mêmes paysages, du moins pas en même temps.
"N'oublie pas de passer voir le fleuve il est très beau en ce moment"
"Tu devrais aller écouter les chants des oiseaux"
"Je t'assure, va voir le soleil se coucher sur la mer, c'est un spectacle à ne pas manquer"
"Je te conseille d'aller lire les poémes gravés sur la plage avant que la marée ne les efface".
"J'ai trouvé une cabane où des gens sont réunis, je vais les écouter"
"J'ai appris quelque chose d'important, je t'expliquerai plus tard. "
Les jours de silence se suivent sans les rassembler, sans que le ciel leur soit témoin de la moindre voie où se rejoindre, sans que leurs nuits leur soient propice au même rêve. Parfois les mots
déposés se perdent dans le sable des dunes. La liberté tisse en leur coeur le sentiment d'une autre confiance, celui de pouvoir marcher seul, de n'avoir plus à prêter chaque jour l'attention
nécessaire à l'autre, ni de répondre à ses questions, ni à tenir compte de ses peines. La solitude leur apprend à chercher d'autres sources , d'autres amis, d'autres destins croisés. Ce qu'ils
récoltent cependant en cailloux d'or et perles d'argent, en fleurs des champs et fruits du firmament, ils le gardent précieusement pour un jour prochain, imprécis, incertain, où ils pourront se
retrouver. Alors parfois dans la nostalgie des souvenirs passés, les larmes se transforment en doux nuages et la lune leur sourit au même instant.
"Peut-être viendras-tu m'accompagner sur l'île"...message égaré dans le vent...
Feuillêtre
Par Feuillêtre
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Dimanche 20 mai 2007
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18:10
Je ne puis exprimer mon tourment de silence. Tous les mots que j'avais à dire se sont changés en étoiles.
Guillaume Apollinaire
Dimanche 20 mai 2007
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10:14
Il me venait au pire des
situations le sentiment que chaque geste du quotidien donnait du sens à l'existence. Je prenais conscience de chaque acte utile et nécessaire, normal et appaisant dans l'absurdité de la souffrance.
La vie gardait alors l'espoir d'accomplir plein d'autres bonnes choses et de tracer d'autres horizons, d'aller au-delà d'une situation difficilement supportable. Chaque partage de parole, chaque
sentiment déposé, entendu ou reçu prenait son importance et venait reconstituer le puzzle en démolition. Il importait de ne pas se laisser entraîner et déstabiliser dans un amoncellement de
sentiments négatifs et troubles, mais de savoir agir, dire, se taire aussi parfois et patienter. Chaque léger mieux, chaque pas accompli venait apporter une lueur d'espoir. Chaque particule de
normalité venait se joindre aux autres microns de foi pour former une cellule viable et vivante... un sourire, le sentiment de laisser passer ce jour maussade et que demain apporterait l'issue .
Non pas qu'il fallait se presser d'en sortir, mais avancer et continuer pour laisser passer la tempête ou le mal-être, pour traverser cette étendue sauvage et aride, seule ou accompagnée. Je savais
que demain serait autre et que l'espérance n'était pas vaine, j'accomplissais chaque geste avec minutie et attention, je guettais chaque couleur du paysage, chaque regard encourageant et
compréhensif,chaque évolution, je cueillais chaque mot chaleureux et quand un rayon de soleil venait frapper à ma fenêtre je savais que mon espérance avait été entendue et que j'avais su nourrir un
secret.
Par Feuillêtre
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Vendredi 18 mai 2007
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20:31
La vie commence là où commence le regard. Amélie Nothomb
Par Feuillêtre
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Jeudi 17 mai 2007
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15:25
Toujours le même et chaque fois différent, mon chemin de ballade est mon itinéraire de respiration, de méditation ou de pensées. Il me vide l'esprit autant qu'il
l'unifie et le ressource. Il m'accompagne jusque pendant mes nuits. La vie m'entoure dans son flot de verdure,dans son souffle appaisant,familier de mes états d'âme, consolateur de mes amertumes,
témoin de mes étonnements et de mes joies. Il me confond dans ses effluves divines dissimulées dans la minuscule fleur ou l'insecte parfait. Il est l'instant qui me permet de voir loin. Il me
stimule, me conforte et m'encourage, par ses milliers de végétaux. Multiple, profond, continu, toujours renouvelé dans sa constante mouvance au rythme du temps et des saisons. Cadeau des jours
d'effort , des jours de peine ou des jours insouciants.

T
Mercredi 16 mai 2007
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17:05
L'une des portes de la mosquée de Casablanca (Maroc)
Si tu frappes à une porte et qu'elle ne s'ouvre pas , ce n'est peut-être pas la bonne porte, mais pense aussi qu'il faut savoir être patient.
Si tu frappes à une porte et que l'accueil se fait avec le sourire, tu as sans doute frappé à la bonne porte.
Sur la route de la vallée de l'Ourika
Par Feuillêtre
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Mardi 15 mai 2007
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21:44
Les tempêtes nous font-elles oublier les baignades d'un jour d'été, les promenades d'un matin de printemps, ou désespérer de retrouver le bleu
d'azur et le soleil?
L'âpreté d'un paysage n'est jamais constant.
La déception ou l'amertume ne sont pas des émotions figées.
Il y a toujours un chemin pour éviter les abimes, quelque part où s'abriter de l'âpreté du moment., juste l'apercevoir comme un vent , une vague qui passe.
J'ai veillé durant deux ans sur le sommeil d'une petite fille abandonnée, maltraîtée, en attente, en interminable attente... J'ai essuyé parfois ses pleurs et ses tristesses, écouté ses
questions, ses espoirs, ses doutes et ses joies. Aujourd'hui , bonne nouvelle ! Elle et son grand frère vont être adoptés ensemble par un couple français. C'est dur de quitter l'abri et de
s'aventurer ainsi dans une nouvelle vie, mais il faut y aller, le moment est venu.
"Je serai partie pour l'été"avait pressentie la fillette .
Par Feuillêtre
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