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AUTOMNE


Un doudou oublié quelque part, un chagrin perdu dans un jardin, un coeur qui rouille, une âme d'enfant qui se perd.

                                                     
                       

Samedi 12 septembre 2009

Elles sont longues à venir, mais toujours précieuses, magiques, pleines de couleurs et de lumière.
Qu'elles soient nourriture, sourires ou progrès, les récoltes sont les saveurs du quotidien.
Que le ciel soit gris, que le ciel soit bleu, les instants de récoltes sont importants.


Par Feuillêtre - Publié dans : pensées du jour
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Dimanche 16 août 2009

"C'était long avant que tu reviennes!" exprime Magy avec ferveur. Les élans affectifs et spontanés de ces enfants qui vivent en collectivité a toujours quelque chose d'authentique et de touchant. Leur spontanité est un cadeau qui compense les moments pénibles d'opposition, de cris, de colère ou d'agressivité entre eux.

"C'était bien les jeux!" s'exclame Dylou. C'est pourtant lui qui en a le moins profité. Son manque de souplesse et son excès de poids le limite dans sa psychomotricité. Pendant qu'il voit les autres escalader et grimper avec aisance, il doit se contenter de tourner doucement sur le petit tourniquet ou de se balancer un peu.
 L'enthousiasme des enfants paye toujours largement de l'énergie que je dépense pour les accompagner, les aider, les encourager, les rattrapper, etc...


Max a mis ses chaussures de foot et a pris son ballon. Il joue avec deux garçons qui ne sont pas avec notre petit groupe. Il s'éclate, il passe la balle, il la récupère avec le pied. "Tu fais partie d'une équipe de foot?" lui demande la dame qui accompagne les deux garçons.
"Non répond-il, mais j'aimerais bien" Il est tout fier Max, on le prend déjà pour un pro!
J'ai bien fait de lui tolérer les chaussures à crampons et le ballon de foot, alors que les autres n'ont pas eu le privilège d'emporter quelque chose.
A table nous discutons de la journée "Je me suis fait deux copains" dit Max tout content. "la semaine prochaine tu ne me verras pas quand tu reviendras travailler, je serai en camp."



"Quand je serai grand je vais me transformer en adulte" . C'est Luis qui réfléchit . Depuis peu il se projette dans l'avenir, il enregistre tout se qui se dit, il retient, il raisonne. "Je vais me transformer en Catherine." ajoute-il

Nous parlons des bêtises et des punitions."Et bien Loona, elle a été punie de bretelles, raconte encore Max, elle avait un tee shirt à bretelles, et comme elle arrêtait pas de les baisser, je voyais tous ses seins... Alors elle a été punie de bretelles!



Les enfants du rivage.( ils ont entre 4 et 6 ans et vivent en collectivité pour une période indéterminée)
Par Feuillêtre - Publié dans : Une histoire à partager
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Lundi 10 août 2009

Retourner dans l'enfance avec un autre regard. Laisser couler le temps nouveau pour m'y ancrer, pour trouver un rythme de croisière. Après des années sur l'île de la nuit, c'est un continent qui s'ouvre avec son rivage tour à tour banal et insolite, paisible et grave. Chaque jour tout est à recommencer sur la plage: reconstruire un château de sable, apporter des petites pierres une à une, admirer les chefs-d'oeuvre éphémères et laisser la marée tout emporter... Consoler l'enfant, écrire un prénom qui s'efface, et le réécrire le lendemain.
Peut-être aimerai-je tout d'abord ne pas trop en parler, ou juste à ceux qui partagent mon quotidien.
La tâche n'est ni impossible ni d'une telle importance, mais que dire des mots, des gestes adressés à l'enfant en stand by, à l'enfant blessé ou bafoué?
Le pire est toujours caché et le meilleur toujours à venir.
De temps en temps des petites pierres de verre poli ou de quartz irisé sont de minuscules trésors à récolter.

Cath... Les enfants du rivage.
Par Feuillêtre - Publié dans : pensées du jour
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Vendredi 7 août 2009
Vue du col d'Aspin, en bas sur la droite le petit village d'Arreau

La brume du matin a envahi la vallée et la montagne, nous trouvons le soleil au col du Tourmalet, haut lieu du tour de France. Nous sommes au-dessus des nuages.



Par Feuillêtre - Publié dans : A voir
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Jeudi 6 août 2009


"Allons, voyez donc un peu notre chère vallée? " Elle se retourna, mit son ombrelle de soie blanche au-dessus de nos têtes, en collant Jacques contre elle; et le geste de tête par lequel elle me montra l'Indre, la toue, les prés, prouvait que depuis mon séjour et nos promenades elle s'était entendue avec ces horizons fumeux, avec leurs sinuosités vaporeuses. La nature était le manteau sous lequel s'abritaient ses pensées. Elle savait maintenant ce que soupire le rossignol pendant les nuits, et ce que répète le chantre des marais en psalmodiant sa note plaintive.

Balzac, Le lys dans la vallée








Par Feuillêtre - Publié dans : A voir
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Mardi 4 août 2009

chambre de Balzac à Saché

Les vases de la cheminée étaient remplacés par des candélabres, afin sans doute de m'ôter le plaisir de les remplir de fleurs; je les retrouvai plus tard dans sa chambre. Quand mon domestique arriva, je sortis pour lui donner des ordres; il m'avait apporté quelques affaires que je voulu placer dans ma chambre.
_ Félix me dit la comtesse, ne vous trompez pas! L'ancienne chambre de ma tante est maintenant celle de Madeleine, vous êtes au-dessus du comte.
Quoique coupable, j'avais un coeur, et tous ces mots étaient des coups de poignard froidement donnés aux endroits les plus sensibles qu'elle semblait choisir pour frapper. Les souffrances morales ne sont pas absolues, elles sont en raison de la délicatesse des âmes, et la comtesse avait durement parcouru cette échelle des douleurs.

Balzac, Le lys dans la vallée

Pour découvrir l'univers de l'écrivain suivez ce lien:
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Par Feuillêtre - Publié dans : A voir
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Mardi 4 août 2009


Je vis dans un fond les masses romantiques du château de Saché, mélancolique séjour plein d'harmonies, trop graves pour les gens superficiels, chères aux poètes dont l'âme est endolorie. Aussi, plus tard, en aimais-je le silence, les grands arbres chenus, et ce je ne sais quoi mystérieux épandu  dans son vallon solitaire! Mais chaque fois que j'y retrouvais au penchant de la côte voisine le mignon castel aperçu, choisi par mon premier regard, je m'y arrêtais complaisamment.

Balzac, Le lys dans la vallée



Chateau de Saché en touraine où Balzac a écrit une grande partie de son oeuvre, en particulier le Lys dans la vallée


Eglise de Saché



Par Feuillêtre - Publié dans : A voir
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Samedi 27 juin 2009



La vie est une rive où l’eau en contrebas coule sans arrêt. Nous nous y abreuvons sans toujours savoir y lire, comme dans un miroir, tout ce que la rivière a vu passer. Tous ceux qui avant nous  ont cheminé le long de ces rivages ployant sous le labeur ou bien sous le malheur.

Nous avons oublié les conseils de prudence, avides de  courir dans le souffle du vent. Et pourtant, notre propre aventure à elle seule est une nouvelle histoire que la rivière chuchote au gré des saisons. Nos joies succèdent aux larmes et parfois même s’y mêlent, traçant l’expérience unique qui nous permet de deviner certains chemins qui nous accompagnent, de pressentir là où nos pas seront les plus utiles. Et même si parfois nous nous sommes perdus dans les dédales de notre propre labyrinthe, les lieux magiques où nous avons su trouver du sens, les relations uniques où nous avons pu nous épanouir, compensent toutes les pertes, tous les regrets, toutes les fautes de notre périple.

 

 Il existe des temps où la plume est un oiseau lyre, qui court et vole sur la page pour être à lire. Et puis des temps d’attente ou de repos où les mots ne viennent plus car on a simplement su déposer les maux au creux d’une ronde en regardant l’intensité du  bleu du ciel au dessus des toits, face au respectueux silence d’amis éphémères ou à retrouver. Etre entendu permet de se taire et de mieux dire tout en sachant mieux écouter avec moins de douleur.

Il existe des instants de créativité à retisser à petits points, à petites touches de couleurs sur le papier, avec un peu d’eau de la rivière ou du grand fleuve qui à merveille cheminera jusqu’à l’horizon. Je rêve d’un long moment de soleil où les pas tracent les allées d’un jardin entre les choux et les pois de senteurs, et cette ombre fraîche qui suit la chaleur, juste pour déposer le pinceau lentement ou ne rien faire, et goûter ce moment.

Les mauvais rêves comme les bons sont parfois les prémisses de ce qui vient, alors laissons notre âme y croire quand ils sont doux et se déposent entre la rivière et les sables qui la bordent. Les sédiments qui les composent recèlent parfois de trésors que nous avons encore à découvrir.

 

Feuillêtre (juin 09)


Par Feuillêtre - Publié dans : pensées du jour - Communauté : zen-attitude
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Samedi 20 juin 2009



Dans de nombreuses gravures chinoises à l’encre, le dessin se cale dans un angle ou dans la moitié de la page. Il reste toute une partie blanche et vide qui ouvre la porte du néant ou de l’imaginaire, suivant le regard  que l’on y pose. Une sorte de  voie des possibles ou du rêve. Dans tous les cas c’est un espace de lumière extraordinaire qui laisse une part de sobriété de modestie et de mystère.

 

Au cours d’une séance de méditation  certains sont partisans de laisser venir et passer la multitude des pensées ou des monstres qui nous envahissent, tels que les mauvais souvenirs, les drames, les stress, les pertes, les inquiétudes, les peurs etc.…D’autres se focalisent sur le souffle ou un mantra pour éviter les multiples pensées. Le but n’est-il pas d’atteindre un espace de vide et de liberté ou seule existe la présence et la respiration ?

 

Au cours de mes nuits de veille, vers 4 ou 5 heures du matin,  dans la pénombre et le silence, dans ce vide de la nuit qui n’est plus ni le soir ni encore l’aube, je suis souvent étonnée d’avoir à ce moment là des idées nouvelles ou des projets qui naissent. Un poème peut éclore, ou ce sentiment diffus que quelque part au creux de ce jour qui n’est pas encore levé, dans cet espace, ce silence et ce temps vide où rien ne semble s’émouvoir, quelque chose s’annonce, un chemin ou une joie impalpable qui laissera place à une opportunité ou un élan.

 

Quand j’étais enceinte, les dernières semaines d’attente qui me laissaient lasse et alitée la moitié du temps, me donnaient ce goût du vide. Tout était prêt pour l’arrivée de l’enfant, mais je n’étais plus bonne à rien qu’à attendre : pleine, mais vide en même temps. Je n’étais même plus apte à sortir toute seule, ni même sortable d’ailleurs tant l’enfant pompait mon énergie! Je restais des heures couchée devant une fenêtre ouverte à respirer très profondément pour apporter de l’oxygène pour deux. Mes activités étaient très réduites. Je m’ennuyais mais n’étais pas triste. Une sorte d’espace se tissait, sans action, sans plaisir, sans projet possible pour l’instant, comme pour laisser toute la place à l’enfant dans le changement à venir et dans son pouvoir de créer de la vie, de l’action et de l’énergie. Certaines femmes cependant ne se sentent remplies de vie et heureuses que lorsqu’elles attendent un enfant ou lorsqu’elles ont un tout petit à garder dans leur giron. Moi j’éprouvais plutôt le sens de la vie plein de promesses que lorsque mon corps au prix d’une souffrance qui ne ressemble à aucune autre, avait réussi à sortir cet enfant potelé, braillard et avide, apte à devenir autonome.

Le vide alors ressenti était le plein.

 

La maladie est  aussi cette attente. Espoir d’aller mieux, écoute attentive de son corps à la fois plein de quelque chose qui n’a pu se dire (« mal-à-dire » comme dirait Jacques Salomé), et de tant de mots pour tenter de remplir un espace impalpable où l’on regarde la lumière par la fenêtre. L’énergie s’est perdue, comme ça, en  si peu de temps, l’envie s’est ternie, le quotidien s’est vidé des responsabilités, du travail, de l’activité habituelle, et même des pensées et des projets.

 Il paraît que l’enfance avec tous ses petits et grands maux divers et variés, ne permet de mûrir qu’à travers cette expérience de la souffrance, comme s’il fallait en passer par là pour comprendre la vie. Le rire,  le jeu,  l’envie, la faim et les courses folles dans le vent ne sont plus que souvenirs flous dans ce malaise et cette vilaine température qui laisse l’enfant inerte et vide. Un jour mon fils de 4 ans  très mal en point m’a demandé : « Est-ce que je vais mourir ? ». Je crois que passer ces crises, la vie prenait pour lui peu à peu d’autres couleurs et qu’il devenait d’un coup beaucoup plus grand et peut-être même plus heureux. J’ai souvenir aussi de ces maladies infantiles que l’on a pratiquement éradiquées de nos jours, et que j’ai traversées, comme la coqueluche, la rubéole, la rougeole ou les oreillons. Chaque enfant qui en sortait indemne, après des jours mornes, condamné au lit, vidé de son énergie, avait en quelque sorte subi  une initiation, et en renaissait rempli de quelque chose qui lui permettait de mieux grandir et de mieux comprendre le sens de sa propre vie.

 

Peut-être pourrions-nous percevoir chaque perte, chaque souffrance, ou chaque état d’absence, d’ennui, d’isolement ou d’attente comme un vide utile et incontournable. Sans doute n’est -il pas à combler, mais à laisser comme une ouverture , une opportunité, une espérance, un espace possible de lumière où il nous est possible de cheminer entre la nuit et le jour, entre la peur et l’effritement de l’angoisse, entre la solitude et les pas vers les autres, entre le silence et l’écho, entre l’angoisse et la sérénité, entre la non-naissance et l’éveil, entre la mort et la continuité de la vie.

 

 

Catherine Lalla

Par Feuillêtre - Publié dans : pensées du jour - Communauté : zen-attitude
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Mercredi 3 juin 2009

Terre Mélodie

 

 

Ce n’est pas un hasard si toutes les religions sont nées dans un jardin… Nous avons perdu l’esprit, nous avons oublié notre lien à la terre. (Philippe Desbrosses)

 

 

Le vent souffle des brins de mots

Le ciel a levé ses chagrins et déposé sa plume

Sur l’ombre douce des jardins et des animaux

Les oiseaux secrets dans la brume

Etirent  les rayons discrets du soleil.

Ecoutons l’onde subtile et colorée des bois

Quand s’écoule des parfums dorés de miel

Les êtres vivants ne sont plus aux abois

Car l’esprit chante un air de fête

Depuis que le printemps comme un été dessine

Des arbres, des fleurs et des bêtes

Des paysages aux splendeurs assassines.

 

Je fais provision de messages

Entre les feuilles et les bourgeons

Je cueille la vie au passage

De ces grands chemins où les joncs

Font des vagues avec le grand âge

Des rochers et des coquillages.

 

La saison est une promesse

Où les idées se mêlent à la terre

La douceur une allégresse

Où l’on apprend à se taire

A écouter l’esprit du vent

De l’air, des bois et du mystère.

Rien ne sera plus comme avant

Depuis que j’entends chanter le temps

Je ne saurais répéter ses paroles

Elles se faufilent sur l’étang

En une longue parabole

Qui passe, se pose et se détend

Jusqu’au plus lointain horizon

Il me dit de semer sans cesse

Des grains de poèmes de fleurs à foison

Que m’importe ce que je laisse

Aux creux des larmes et des maux

J’entends l’esprit du cosmos

De la terre et de l’univers

Qui chuchote dans l’osmose

Le chant le rêve et la prière.

 

Feuillêtre


Par Feuillêtre - Publié dans : Poésies - Communauté : zen-attitude
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